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Violences : ce que Raphaël Glucksmann demande à l’État et aux plateformes

Le 19 octobre 2026 sur RTL, Raphaël Glucksmann a appelé à une réponse ferme face aux violences. Maintien de l’ordre, école et responsabilité des plateformes : ses propositions ne relèvent pas toutes du même registre.

La rédaction Acturama5 min de lecturePartager
— image d'illustration.

La question

Question de la rédaction : quelle proposition vous semble la plus importante pour concilier maintien de l’ordre et droit de manifester ?

Le 19 octobre 2026, au lendemain de scènes de chaos signalées dans plusieurs villes, Raphaël Glucksmann a décrit sur RTL un sentiment de colère et de honte, allant jusqu’à dire qu’il avait eu l’impression que « la République se délitait ». Ses déclarations ne se limitent pas à réclamer davantage de fermeté : elles associent maintien de l’ordre, école et responsabilité des plateformes numériques. Les distinguer aide à comprendre ce qu’il demande concrètement — et ce qui reste à préciser.

Du week-end au lundi 19 octobre : un appel à une réponse de l’État

Invité de RTL le lundi suivant les violences évoquées dans l’émission, le député européen a décrit un phénomène qu’il jugeait inédit « dans ces proportions et dans la durée ». Il a demandé au président de répondre au chaos par des mesures concrètes de maintien de l’ordre, estimant que son allocution avait commenté « sa propre impuissance ». Cette formule résume son diagnostic politique : selon lui, l’enjeu est aussi de montrer que l’État peut agir.

Ses propos sur les effectifs et les événements survenus à Marseille ou à Paris doivent toutefois être lus comme des questions et des accusations qu’il formule, non comme des constats indépendamment établis par le compte rendu.

Sur RTL, il demande notamment comment expliquer la présence d’une seule compagnie de CRS à Marseille et l’absence d’intervention de la police face à des pillages qu’il évoque dans le centre de Paris.

Le compte rendu de son entretien sur RTL rapporte ces questions et son appel à une réponse de l’exécutif.

Un autre compte rendu de ses propos, publié par Boursorama le même jour, met l’accent sur son appel à une réponse « extrêmement ferme ». Glucksmann y demande que les personnes identifiées soient recherchées et qu’elles répondent de leurs actes devant la justice.

Il lie aussi son avertissement à un risque politique : selon lui, le chaos pourrait bénéficier à Marine Le Pen et nourrir une aspiration à l’ordre susceptible, prévient-il, de mettre en péril l’État de droit et la démocratie.

Le compte rendu de Boursorama sur son appel à la fermeté rapporte ces déclarations.

Une fermeté qui, dans son propos, ne signifie pas restreindre le droit de manifester

La position rapportée comporte une distinction importante. Glucksmann affirme que le droit de manifester est fondamental et que l’État doit le garantir. Dans le même temps, il estime qu’une prochaine journée de manifestation doit s’accompagner d’un dispositif de maintien de l’ordre « complètement différent », avec davantage de mobilité et une meilleure anticipation.

RTL rapporte qu’une nouvelle journée était prévue le 5 novembre. À la date de ses déclarations, cette date constituait une échéance annoncée, pas le bilan d’un événement déjà tenu.

La tension à examiner est donc la suivante : comment assurer la protection des personnes et des biens sans traiter la manifestation elle-même comme une menace ? Dans l’entretien, Glucksmann associe la réponse à une capacité d’intervention et à l’anticipation.

Mais les déclarations rapportées ne détaillent pas un dispositif opérationnel : elles ne précisent ni ses effectifs, ni ses règles d’engagement, ni la manière dont la mobilité serait organisée. Il s’agit d’une orientation politique formulée à l’antenne, pas d’un plan complet exposé dans ces comptes rendus.

Imaginons un lecteur qui entend l’expression « réponse extrêmement ferme » et en déduit aussitôt une limitation du droit de manifester. Ce raccourci effacerait précisément la réserve formulée par Glucksmann : il défend ce droit tout en réclamant une organisation différente du maintien de l’ordre.

À l’inverse, rappeler ce principe ne suffit pas à répondre aux questions pratiques sur les interventions. Pour vérifier ce qui relève d’un fait, d’une déclaration ou d’une interprétation dans le débat public, on peut aussi consulter les repères pour vérifier une information locale.

École et plateformes : deux autres leviers avancés

Le volet consacré à l’école s’inscrit dans une réponse de plus long terme. Glucksmann dit avoir préparé un plan pendant un an et le propose au gouvernement. Les mesures qu’il cite portent sur les bâtiments, les effectifs d’enseignants par élève et leur rémunération.

Il présente l’utilisation de la baisse démographique comme un moyen d’augmenter le nombre de professeurs par élève ; il juge également les rémunérations enseignantes trop basses. Ces éléments sont ses propositions et son appréciation, non une décision gouvernementale annoncée dans l’entretien.

  • Rénover les bâtiments scolaires.
  • Utiliser la baisse démographique pour augmenter le nombre de professeurs par élève.
  • Augmenter la rémunération des enseignants.

Le lien entre ces mesures scolaires et les violences n’est pas détaillé dans les propos rapportés. Glucksmann les avance comme un plan sur l’école, à côté de ses demandes immédiates sur le maintien de l’ordre. Il serait donc excessif de présenter ces propositions comme une réponse directe et déjà démontrée aux événements évoqués : elles forment un autre volet de son intervention, dont la mise en œuvre dépendrait de décisions politiques.

Sur les réseaux sociaux, il propose de responsabiliser les grandes plateformes américaines et chinoises. Il estime qu’elles devraient supprimer certains contenus et évoque leur suspension si elles ne le font pas. Là encore, il s’agit d’une position politique, non d’une mesure entrée en vigueur telle que la rapportent les articles.

Les déclarations disponibles ne précisent pas quels contenus seraient visés, selon quelle procédure une suppression serait demandée, ni qui déciderait d’une suspension. Ces questions sont déterminantes pour comprendre la portée concrète de la proposition.

Ce que les déclarations permettent de retenir

La chronologie fait apparaître plusieurs niveaux de réponse : au lendemain des scènes décrites, Glucksmann interpelle l’exécutif sur le maintien de l’ordre ; le 19 octobre, il associe cette demande à des propositions sur l’école et les plateformes ; enfin, il évoque une journée de manifestation prévue le 5 novembre tout en défendant le droit de manifester. Sa critique de l’allocution présidentielle et son avertissement sur les conséquences politiques du chaos relèvent, eux, de son analyse.

Cette distinction évite de confondre trois choses : les événements qu’il commente, les accusations ou diagnostics qu’il formule, et les mesures qu’il propose. Les comptes rendus de RTL et de Boursorama permettent de restituer ses déclarations et leurs principaux volets.

Ils ne transforment pas, à eux seuls, chaque question posée sur les effectifs ou les interventions en fait vérifié, ni chaque proposition en politique publique adoptée. Le débat porte ainsi autant sur la capacité de l’État à agir que sur les moyens, les garanties et les responsabilités à définir.

L'auteur

La rédaction Acturama

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